Campagne : "Travailler tue en toute impunité : pour combien de temps encore ?"
Signer l'appel : http://www.fondation-copernic.org/petition/index.php?petition=3
MATÉRIAUX N° 2 / FONDATION COPERNIC.
Comme prévu, voici la seconde livraison des matériaux de la campagne “Travailler tue en toute impunité ». En attendant l’ouvrage de la Fondation Copernic qui sort début septembre, et une série de rencontres publiques au dernier trimestre (une fois passées les élections européennes…).
Vous trouverez dans ces matériaux des témoignages souvent bouleversants, des analyses, des argumentaires, des chiffres inquiétants, des textes, des vidéos. Ce que tant de médias taisent, car les maladies professionnelles, les accidents du travail, les suicides au travail…ne sont ni « glamour » ni porteurs en matière de recettes publicitaires. Ne noircissons pas le tableau. L’excellente double page de Sonya Faure dans Libération du 28 avril 2009 (reproduite plus bas), montre qu’il existe encore dans ce pays un journalisme d’enquête, un journalisme persévérant, qui poursuit la veine du Libération de Sartre : tendre le micro aux éternels exclus de la parole publique. Tout n’est pas joué d’avance. Rien n’est fatal.
Aussi, n’hésitez pas à faire circuler la pétition, qui est toujours à signer : seule la force du nombre bousculera le silence ! N’hésitez pas à nous adresser textes et analyses, nous les diffuserons à tous.
Cette campagne débute. Elle va durer. Elle va durer longtemps. Car il faut - entre autres - imposer la question des morts au travail dans les prochains débats électoraux. Aux régionales de 2010 et lors de la présidentielle, en 2012. La dernière fois, on nous servit « Travailler plus pour gagner plus ». La prochaine fois, ce doit être : « Nous refusons que travailler tue ! ». Comme le chômage augmente et qu’augmente la précarité de l’emploi, les conditions de travail risquent de passer au rang d’affaire secondaire. Raison de plus pour ne pas lâcher.
Bien cordialement à tou-te-s,
Willy Pelletier, coordinateur général de la Fondation Copernic (06-75-25-77-76)
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Je tiens d’abord à exprimer les condoléances de la CGT, de toute la CGT, de la Confédération, de Bernard Thibault, de l’Union Départementale de la Vienne, de l’Union Locale de Chauvigny, de la Fédération Verre-Céramique et de tous nos syndiqués à la famille de Philippe, à son épouse, à sa fille, à ses parents et amis.
Je tiens à les assurer, dans ce moment douloureux, de tout notre soutien ; d’un soutien qui ne s’arrêtera pas après cette cérémonie mais qui nous engage jusqu’à notre dernier souffle parce que nos valeurs sont la solidarité, l’humanité et la fraternité. Parce que Philippe était des nôtres, valeureux, engagé, militant et surtout humain et altruiste.
Il a demandé que son acte volontaire ultime soit considéré comme un accident du travail.
La loi oblige l’employeur à examiner les accidents du travail, à identifier les causes des accidents et empêcher qu’ils se reproduisent. Souvent l’on utilise la méthode de l’analyse causale, on questionne : « qu’a-t-il fallu pour que ceci se produise ? Est-ce nécessaire, est-ce suffisant ? »
(Lire la suite : http://www.fondation-copernic.org/spip.php?article242 )
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Pour mieux comprendre la mort de Philippe Widdershoven, délégué syndical
Par Xavier Benoit, La Nouvelle République (25/03/09)
Il avait 56 ans. Philippe Widdershoven a été retrouvé mort, hier mardi, à 7 h par un groupe de pêcheurs dans l’étang de Morthemer (Valdivienne). Un suicide. Un « accident du travail », a-t-il préféré indiquer dans un mot déposé sur la table du local CGT de l’usine Deshoulières à Chauvigny.
Philippe Widdershoven était le délégué syndical CGT incontournable depuis septembre dernier à la « Poterie » de Chauvigny. La voix critique et revendicative du comité d’entreprise et du CCE. Un homme droit et loyal. Son aisance oratoire et ses informations claires en avaient fait un porte-parole objectif des (mauvaises) nouvelles à une base inquiète. Entrée en 1979 comme chronomètreur à l’usine, il avait gravi les échelons jusqu’à occuper la fonction de directeur informatique du groupe Deshoulières depuis les années 80. Mais sa cause d’Homme, ce juste l’illustrait sous la bannière syndicale depuis le mois d’octobre. Il s’exposait dans la défense usante des 82 ouvriers chauvinois licenciés.
(Lire la suite : http://www.fondation-copernic.org/spip.php?article243)
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Travailler tue…en toute impunité – Eléments pour se mobiliser Par Louis-Marie Barnier, sociologue, ancien secrétaire de CHS-CT, Fondation Copernic
Travailler tue… Parmi les 1,4 millions d’accidentés du travail en France en 2006, près de 50 000 salariés ont subi une incapacité permanente suite à un accident du travail, 537 salariés ont perdu la vie à cause de leur travail. A ce chiffre s’ajoutent les décès liés aux maladies professionnelles, reconnues et non reconnues, les décès provoqués par les choix de rentabilité des entreprises en dehors de leurs murs, la dégradation permanente de la santé des travailleurs et des populations. Et pourtant, combien d’employeurs sanctionnés pénalement ?
La soif de dividendes, à l’origine de la phase actuelle de la crise économique, s’exprime par une pression constante sur les salariés. Non contente de soumettre les salaires à une cure permanente d’amaigrissement, elle s’est aussi traduite par une dégradation des conditions de travail des salariés. Toujours plus de profits, voilà le mot d’ordre. Cette recherche continue de productivité accentue la domination autoritaire sur les salariés. L’autonomie, tant encensée comme nouvelle source de productivité, se referme alors comme un piège sur des salariés qui n’ont pas les moyens de répondre aux attentes managériales. Ils deviennent comptables de chaque erreur, de chaque contournement de normes de travail toujours plus contraignantes… La voie est alors ouverte à des manquements à la sécurité, dont ils deviendraient seuls responsables.
(Lire la suite : http://www.fondation-copernic.org/spip.php?article241)
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Rationalité instrumentale et santé au travail - Le cas de l’industrie nucléaire
Par Annie Thébaud-Mony, directrice de recherche à l’Inserm
Dans la fuite en avant ultra libérale de cette fin du XXe siècle, la rationalité instrumentale tend à imposer une valeur unique et ultime du sens et des transformations de l’organisation du travail : la compétitivité (Groupe de Lisbonne, 1995). Cette valeur est désormais donnée comme "naturelle" et première, rendant caduque toute référence à d’autres valeurs, qu’il s’agisse du sens de la production économique (énergétique), ou des formes sociales de celle-ci. C’est ainsi que la compétitivité s’est imposée comme valeur absolue, sur laquelle un consensus social fort s’est structuré autour du défi nucléaire. Un slogan la résume : "le nucléaire ou la bougie". Impérieuse est donc, pour l’entreprise EDF, dans son ensemble la recherche de tout abaissement des coûts de production susceptible de concourir au maintien de la compétitivité du nucléaire comme énergie de l’avenir. Or la direction du parc nucléaire est confrontée à une contradiction majeure entre la sûreté des installations et la protection contre les rayonnements ionisants des agents de maintenance.
La sûreté nucléaire désigne la garantie d’une protection sans faille contre le risque d’accident nucléaire, dont Tchernobyl montre l’impact dramatique sur la santé des populations irradiées à court, moyen et long terme même si une part de ses effets reste à ce jour méconnue (Belbéoch, 1993). Cette garantie passe par la réalisation d’opérations de maintenance dans le coeur même des installations nucléaires, là où la radioactivité constitue un risque permanent pour toute intervention humaine. Pour prévenir le risque d’accident pouvant entraîner des irradiations massives, il faut donc - et c’est la contradiction- exposer aux rayonnements ionisants des travailleurs chargés de ces opérations de maintenance.
(Lire la suite : http://www.fondation-copernic.org/spip.php?article244)
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On se tue encore au travail
Par Sonya Faure, Libération (27/04/09)
Vous trouverez en pièces jointes l’enquête de terrain très éclairante réalisée par Sonya Faure, et publiée le 28 avril 2009 dans Libération. L’ensemble des situations décrites, avec respect et précisions, souligne l’urgence d’agir.
Lire aussi sur le site de Libération : Souffrir au travail, la loi du silence
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Vidéo 1 : « J’ai très mal au travail »
Un documentaire réalisé par Jean-Michel Carré, écrit en collaboration avec Nicolas Sandret et Patricia Agostini.
Stress, harcèlement moral, violence des usagers ou entre collègues, burn-out, suicide, sont des pathologies qui se répandent dans le monde du travail. Signe des temps, le travail, cet élément essentiel de construction de soi, engendre de nouveaux fléaux dont les signes extérieurs sont analysés à la loupe dans le documentaire de Jean-Michel Carré. C’est au travers de témoignages saisissants, de la relecture de spots publicitaires, d’images d’actualité ou de films de fiction que J.M Carré déploie la dialectique implacable qui lui est propre ("Charbons ardents", "Visiblement Je Vous Aime", "Le Système Poutine"). Jean-Michel Carré pointe la destruction des formes de solidarité collective, la mise en concurrence des salariés, leur solitude. Ces nouvelles images du travail, de la souffrance et de la résistance, prennent tout leur sens grâce aux éclairages de chercheurs, de psychanalystes, de sociologues mais aussi des salariés eux-mêmes.
Une coproduction Canal+ / Planète / Films Grain De Sable
Un coffret 2 DVD avec en bonus :
« Souffrance et plaisir au travail », 4 heures de compléments, de supports pédagogiques et d'entretiens avec Christophe Dejours (psychiatre, professeur titulaire de la chaire Psychanalyse, santé et travail), Marie Pezé (psychanalyste, consultation « Souffrance et travail »), Maguy Lalizel (ex ouvrière de chez Moulinex) et Paul Ariès (politologue). Cet ensemble constitue une introduction à la psychodynamique du travail, à la clinique du travail, au repérage des formes d’organisation du travail pathogènes et à la compréhension des risques psycho sociaux.
Commandez le DVD sur : www.editionsmontparnasse.fr / fgds@films-graindesable.com
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Vidéo 2 : Pascal Bianco, frère de Jérôme Bianco, mort au travail – Forum Copernic 21 mars 2009
Visionner la vidéo : http://www.fondation-copernic.org/spip.php?article130
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