vendredi 1 mai 2009

"Travailler tue en toute impunité"

MATÉRIAUX N° 2 / FONDATION COPERNIC.

Campagne : "Travailler tue en toute impunité : pour combien de temps encore ?"


Signer l'appel : http://www.fondation-copernic.org/petition/index.php?petition=3


MATÉRIAUX N° 2 / FONDATION COPERNIC.


Cher-e-s ami-e-s,

Comme prévu, voici la seconde livraison des matériaux de la campagne “Travailler tue en toute impunité ». En attendant l’ouvrage de la Fondation Copernic qui sort début septembre, et une série de rencontres publiques au dernier trimestre (une fois passées les élections européennes…).
Vous trouverez dans ces matériaux des témoignages souvent bouleversants, des analyses, des argumentaires, des chiffres inquiétants, des textes, des vidéos. Ce que tant de médias taisent, car les maladies professionnelles, les accidents du travail, les suicides au travail…ne sont ni « glamour » ni porteurs en matière de recettes publicitaires. Ne noircissons pas le tableau. L’excellente double page de Sonya Faure dans Libération du 28 avril 2009 (reproduite plus bas), montre qu’il existe encore dans ce pays un journalisme d’enquête, un journalisme persévérant, qui poursuit la veine du Libération de Sartre : tendre le micro aux éternels exclus de la parole publique. Tout n’est pas joué d’avance. Rien n’est fatal.

Aussi, n’hésitez pas à faire circuler la pétition, qui est toujours à signer : seule la force du nombre bousculera le silence ! N’hésitez pas à nous adresser textes et analyses, nous les diffuserons à tous.

Cette campagne débute. Elle va durer. Elle va durer longtemps. Car il faut - entre autres - imposer la question des morts au travail dans les prochains débats électoraux. Aux régionales de 2010 et lors de la présidentielle, en 2012. La dernière fois, on nous servit « Travailler plus pour gagner plus ». La prochaine fois, ce doit être : « Nous refusons que travailler tue ! ». Comme le chômage augmente et qu’augmente la précarité de l’emploi, les conditions de travail risquent de passer au rang d’affaire secondaire. Raison de plus pour ne pas lâcher.

Bien cordialement à tou-te-s,

Willy Pelletier, coordinateur général de la Fondation Copernic (06-75-25-77-76)

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Salut de la CGT à Philippe Widdershoven, mort du combat pour le respect des salariés

Je tiens d’abord à exprimer les condoléances de la CGT, de toute la CGT, de la Confédération, de Bernard Thibault, de l’Union Départementale de la Vienne, de l’Union Locale de Chauvigny, de la Fédération Verre-Céramique et de tous nos syndiqués à la famille de Philippe, à son épouse, à sa fille, à ses parents et amis.
Je tiens à les assurer, dans ce moment douloureux, de tout notre soutien ; d’un soutien qui ne s’arrêtera pas après cette cérémonie mais qui nous engage jusqu’à notre dernier souffle parce que nos valeurs sont la solidarité, l’humanité et la fraternité. Parce que Philippe était des nôtres, valeureux, engagé, militant et surtout humain et altruiste.
Il a demandé que son acte volontaire ultime soit considéré comme un accident du travail.
La loi oblige l’employeur à examiner les accidents du travail, à identifier les causes des accidents et empêcher qu’ils se reproduisent. Souvent l’on utilise la méthode de l’analyse causale, on questionne : « qu’a-t-il fallu pour que ceci se produise ? Est-ce nécessaire, est-ce suffisant ? »

(Lire la suite : http://www.fondation-copernic.org/spip.php?article242 )

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Pour mieux comprendre la mort de Philippe Widdershoven, délégué syndical

Par Xavier Benoit, La Nouvelle République (25/03/09)

Il avait 56 ans. Philippe Widdershoven a été retrouvé mort, hier mardi, à 7 h par un groupe de pêcheurs dans l’étang de Morthemer (Valdivienne). Un suicide. Un « accident du travail », a-t-il préféré indiquer dans un mot déposé sur la table du local CGT de l’usine Deshoulières à Chauvigny.

Philippe Widdershoven était le délégué syndical CGT incontournable depuis septembre dernier à la « Poterie » de Chauvigny. La voix critique et revendicative du comité d’entreprise et du CCE. Un homme droit et loyal. Son aisance oratoire et ses informations claires en avaient fait un porte-parole objectif des (mauvaises) nouvelles à une base inquiète. Entrée en 1979 comme chronomètreur à l’usine, il avait gravi les échelons jusqu’à occuper la fonction de directeur informatique du groupe Deshoulières depuis les années 80. Mais sa cause d’Homme, ce juste l’illustrait sous la bannière syndicale depuis le mois d’octobre. Il s’exposait dans la défense usante des 82 ouvriers chauvinois licenciés.


(Lire la suite : http://www.fondation-copernic.org/spip.php?article243)

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Travailler tue…en toute impunité – Eléments pour se mobiliser

Par Louis-Marie Barnier, sociologue, ancien secrétaire de CHS-CT, Fondation Copernic

Travailler tue… Parmi les 1,4 millions d’accidentés du travail en France en 2006, près de 50 000 salariés ont subi une incapacité permanente suite à un accident du travail, 537 salariés ont perdu la vie à cause de leur travail. A ce chiffre s’ajoutent les décès liés aux maladies professionnelles, reconnues et non reconnues, les décès provoqués par les choix de rentabilité des entreprises en dehors de leurs murs, la dégradation permanente de la santé des travailleurs et des populations. Et pourtant, combien d’employeurs sanctionnés pénalement ?

La soif de dividendes, à l’origine de la phase actuelle de la crise économique, s’exprime par une pression constante sur les salariés. Non contente de soumettre les salaires à une cure permanente d’amaigrissement, elle s’est aussi traduite par une dégradation des conditions de travail des salariés. Toujours plus de profits, voilà le mot d’ordre. Cette recherche continue de productivité accentue la domination autoritaire sur les salariés. L’autonomie, tant encensée comme nouvelle source de productivité, se referme alors comme un piège sur des salariés qui n’ont pas les moyens de répondre aux attentes managériales. Ils deviennent comptables de chaque erreur, de chaque contournement de normes de travail toujours plus contraignantes… La voie est alors ouverte à des manquements à la sécurité, dont ils deviendraient seuls responsables.

(Lire la suite : http://www.fondation-copernic.org/spip.php?article241)

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Rationalité instrumentale et santé au travail - Le cas de l’industrie nucléaire

Par Annie Thébaud-Mony, directrice de recherche à l’Inserm

Dans la fuite en avant ultra libérale de cette fin du XXe siècle, la rationalité instrumentale tend à imposer une valeur unique et ultime du sens et des transformations de l’organisation du travail : la compétitivité (Groupe de Lisbonne, 1995). Cette valeur est désormais donnée comme "naturelle" et première, rendant caduque toute référence à d’autres valeurs, qu’il s’agisse du sens de la production économique (énergétique), ou des formes sociales de celle-ci. C’est ainsi que la compétitivité s’est imposée comme valeur absolue, sur laquelle un consensus social fort s’est structuré autour du défi nucléaire. Un slogan la résume : "le nucléaire ou la bougie". Impérieuse est donc, pour l’entreprise EDF, dans son ensemble la recherche de tout abaissement des coûts de production susceptible de concourir au maintien de la compétitivité du nucléaire comme énergie de l’avenir. Or la direction du parc nucléaire est confrontée à une contradiction majeure entre la sûreté des installations et la protection contre les rayonnements ionisants des agents de maintenance.

La sûreté nucléaire désigne la garantie d’une protection sans faille contre le risque d’accident nucléaire, dont Tchernobyl montre l’impact dramatique sur la santé des populations irradiées à court, moyen et long terme même si une part de ses effets reste à ce jour méconnue (Belbéoch, 1993). Cette garantie passe par la réalisation d’opérations de maintenance dans le coeur même des installations nucléaires, là où la radioactivité constitue un risque permanent pour toute intervention humaine. Pour prévenir le risque d’accident pouvant entraîner des irradiations massives, il faut donc - et c’est la contradiction- exposer aux rayonnements ionisants des travailleurs chargés de ces opérations de maintenance.

(Lire la suite : http://www.fondation-copernic.org/spip.php?article244)

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On se tue encore au travail

Par Sonya Faure, Libération (27/04/09)

Vous trouverez en pièces jointes l’enquête de terrain très éclairante réalisée par Sonya Faure, et publiée le 28 avril 2009 dans Libération. L’ensemble des situations décrites, avec respect et précisions, souligne l’urgence d’agir.

Lire aussi sur le site de Libération : Souffrir au travail, la loi du silence

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Vidéo 1 : « J’ai très mal au travail »

Un documentaire réalisé par Jean-Michel Carré, écrit en collaboration avec Nicolas Sandret et Patricia Agostini.

Stress, harcèlement moral, violence des usagers ou entre collègues, burn-out, suicide, sont des pathologies qui se répandent dans le monde du travail. Signe des temps, le travail, cet élément essentiel de construction de soi, engendre de nouveaux fléaux dont les signes extérieurs sont analysés à la loupe dans le documentaire de Jean-Michel Carré. C’est au travers de témoignages saisissants, de la relecture de spots publicitaires, d’images d’actualité ou de films de fiction que J.M Carré déploie la dialectique implacable qui lui est propre ("Charbons ardents", "Visiblement Je Vous Aime", "Le Système Poutine"). Jean-Michel Carré pointe la destruction des formes de solidarité collective, la mise en concurrence des salariés, leur solitude. Ces nouvelles images du travail, de la souffrance et de la résistance, prennent tout leur sens grâce aux éclairages de chercheurs, de psychanalystes, de sociologues mais aussi des salariés eux-mêmes.

Une coproduction Canal+ / Planète / Films Grain De Sable

Un coffret 2 DVD avec en bonus :
« Souffrance et plaisir au travail », 4 heures de compléments, de supports pédagogiques et d'entretiens avec Christophe Dejours (psychiatre, professeur titulaire de la chaire Psychanalyse, santé et travail), Marie Pezé (psychanalyste, consultation « Souffrance et travail »), Maguy Lalizel (ex ouvrière de chez Moulinex) et Paul Ariès (politologue). Cet ensemble constitue une introduction à la psychodynamique du travail, à la clinique du travail, au repérage des formes d’organisation du travail pathogènes et à la compréhension des risques psycho sociaux.

Commandez le DVD sur : www.editionsmontparnasse.fr / fgds@films-graindesable.com

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Vidéo 2 : Pascal Bianco, frère de Jérôme Bianco, mort au travail – Forum Copernic 21 mars 2009

Visionner la vidéo : http://www.fondation-copernic.org/spip.php?article130

Un système alimentaire qui tue...

Un système alimentaire qui tue : La peste porcine, dernier fléau de l’industrie de la viande

Source : GRAIN, Avril 2009

Le Mexique assiste à une répétition infernale de l’histoire de la grippe aviaire asiatique, mais à une échelle encore plus tragique. Une fois de plus, la réponse officielle arrive trop tard et entachée de mensonges. Une fois de plus, l’industrie mondiale de la viande est au centre de l’histoire, s’obstinant à nier toute responsabilité, alors que le poids de l’évidence concernant son rôle ne cesse de s’accroître. Cinq ans après le début de la crise de grippe aviaire H5N1 et après cinq ans aussi d’une stratégie mondiale contre les pandémies de grippe coordonnée par l’Organisation mondiale de la santé (l’OMC ou WHO) et l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), le monde chancelle sous les coups d’un nouveau désastre, la grippe porcine. La stratégie mondiale a échoué et doit être remplacée par un nouveau système de santé publique qui puisse inspirer confiance au public.

2 Ce que nous savons de la situation au Mexique, c’est que, officiellement, plus de 150 personnes sont mortes d’une nouvelle souche de grippe porcine qui est en fait un cocktail génétique de plusieurs souches de virus de grippe : grippe porcine, grippe aviaire et grippe humaine. Celle-ci a évolué en une forme qui se transmet facilement d’humain à humain et qui peut tuer des gens en parfaire santé. Nous ne savons pas exactement où ont eu lieu cette recombinaison et cette évolution, mais il semble évident qu’il faut chercher du côté des élevages industriels mexicains et américains.[1]

Cela fait des années que les experts avertissent que le développement des grandes fermes d’élevage industriel en Amérique du Nord ont créé un foyer idéal pour que puissent émerger et se répandre de nouvelles souches de grippe extrêmement virulentes. « Parce que les élevages fortement concentrés ont tendance à rassembler d’importants groupes d’animaux sur une surface réduite, ils facilitent la transmission et le mélange des virus », expliquaient des scientifiques de l’agence nationale des instituts de santé publique américaine (NIH).[2] Trois ans plus tôt, Science Magazine avait sonné l’alarme en montrant que la taille croissante des élevages industriels et l’usage répandu des vaccins qui y est fait accéléraient le rythme d’évolution de la grippe porcine.[3] C’est la même chose avec la grippe aviaire : l’espace surpeuplé et les conditions insalubres qui règnent dans ces élevages permettent au virus de se recombiner et de prendre de nouvelles formes très aisément. Quand on en est à ce stade, la centralisation inhérente à l’industrie garantit que la maladie est disséminée partout, par l’intermédiaire des matières fécales, de la nourriture animale, de l’eau ou même des bottes des ouvriers.[4] Et pourtant, si l’on en croit les centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), « il n’existe pas de système national officiel de surveillance pour déterminer quels sont les virus les plus répandus dans la population porcine américaine.”[5] La situation est la même au Mexique.

Les communautés à l’épicentre

Ce que nous savons encore à propos de l’épidémie de grippe porcine mexicaine est que la communauté de La Gloria dans l’état de Veracruz a désespérément essayé d’obtenir une réaction des autorités face à l’étrange maladie respiratoire qui les a sévèrement affectés ces derniers mois. Les résidents sont absolument convaincus que leur maladie est liée à la pollution provoquée par la grande ferme porcine récemment installée dans leur communauté par Granja Carroll, une filiale de la société américaine Smithfield Foods, le plus grand producteur de porc mondial.

Après les innombrables essais de la communauté pour obtenir l’aide des autorités – essais qui ont mené certains leaders locaux en prison et provoqué des menaces de mort contre ceux qui osaient critiquer l’élevage de Smithfield – les autorités sanitaires locales ont finalement décidé de faire une enquête vers la fin de 2008. Les tests ont révélé que plus de 60% de cette communauté de 3 000 personnes souffraient d’une maladie respiratoire, mais le nom de la maladie n’a pas été officiellement confirmé. Smithfield nie toute connection avec ses activités. C’est seulement le 27 avril 2009, quelques jours après l’annonce officielle par le gouvernement fédéral de l’épidémie de grippe porcine, que l’information est sortie dans la presse, révélant que le premier cas de grippe porcine diagnostiqué dans le pays avait été le 2 avril 2009 celui d’un petit garçon de 4 ans appartenant à la communauté de La Gloria. Le ministre de la Santé du Mexique déclare que l’échantillon prélevé sur l’enfant est le seul parmi les échantillons prélevés sur la communauté qui ait été retenu par les autorités mexicaines et envoyé pour être testé en laboratoire. Ce test a ensuite confirmé qu’il s’agissait bien de grippe porcine.[6] Tout cela malgré le fait qu’une société américaine privée d’évaluation des risques, Veratect, avait, au début du mois d’avril 2009, avisé les responsables régionaux de l’OMC de l’occurrence de la maladie respiratoire grave qui sévissait à La Gloria.[7]

3Le 4 avril 2009, le quotidien mexicain La Jornada a publié un article sur la lutte de la communauté de La Gloria, avec la photo d’un jeune garçon qui tient une pancarte avec le dessin d’un cochon barré d’une croix et la légende « Attention, danger : Carrolls Farm » écrite en espagnol.[8]

Pour ce qui est des pandémies de grippe en général, nous savons que la proximité d’élevages intensifs de porcs et d’élevages de volailles augmente les risques de recombinaison virale et l’émergence de nouvelles souches virulentes de grippe. En Indonésie par exemple, on sait que les porcs vivant près d’un élevage de volailles ont des taux importants d’infection au H5N1, la variante mortelle de la grippe aviaire.[9] Des scientifiques du NIH avertissent que « l’augmentation du nombre d’installations porcines voisines d’installations aviaires pourrait faciliter l’évolution de la prochaine pandémie."[10]

On n’en a guère entendu parler, mais la région avoisinante de La Gloria compte de nombreuses élevages de volailles intensifs. Récemment, en septembre 2008, une épidémie de grippe aviaire a éclaté parmi les volailles de la région. A l’époque, les autorités vétérinaires ont assuré le public qu’il s’agissait seulement d’une souche peu pathogène qui n’affecte que les oiseaux de basse-cour. Mais grâce à la divulgation faite par Marco Antonio Núñez, le président de la Commission pour l’environnement de l’état de Veracruz, nous savons désormais qu’il y a eu une autre épidémie de grippe aviaire à environ 50 km de La Gloria, dans un élevage industriel appartenant à Granjas Bachoco, la plus grande entreprise de volailles du Mexique. Cette épidémie n’a pas été révélée parce qu’on craignait les conséquences que cela pourrait provoquer pour les exportations mexicaines.[11]
Il faut noter ici que l’un des ingrédients courants de l’alimentation animale industrielle est ce qu’on appelle les « déchets de volaille », c’est-à-dire un mélange de tout ce qu’on peut trouver sur le sol des élevages intensifs : matières fécales, plumes, litière, etc.

Peut-on concevoir situation plus idéale pour l’émergence d’un virus grippal pandémique qu’une région rurale pauvre, pleine d’élevages industriels appartenant à des sociétés transnationales qui n’ont rien à faire du bien-être de la population locale ? Les résidents de La Gloria essaient depuis des années de lutter contre la ferme Smithfield. Ils ont, des mois durant, tenté d’amener les autorités à agir face à l’étrange maladie qui les frappait. On les a ignorés. Le radar du système mondial de surveillance des maladies émergentes de l’OMC n’a pas enregistré le moindre signal. Pas plus que les épidémies de grippe aviaire de Veracruz n’ont déclenché de réaction du système mondial d’alerte précoce pour les maladies de l’OIE. Ce n’est que grâce à sources privées et de façon désordonnée que la vérité a pu éclater.[12] Et c’est ce qu’on appelle la surveillance mondiale !

La mauvaise foi des grandes sociétés

Ce n’est pas la première fois, et ce n’est sans doute pas la dernière, que les agro-industriels dissimulent des épisodes de maladies infectieuses, mettant ainsi des vies en péril. C’est la nature même de leurs activités. En Roumanie il y a quelques années, Smithfield a interdit aux autorités locales d’entrer dans ses élevages porcins, après les plaintes des résidents à propos de l’odeur pestilentielle provenant des centaines de charognes de porcs laissées à pourrir pendant plusieurs jours. « Nos médecins n’ont pas eu accès aux fermes de la [société] américaine pour pouvoir effectuer leurs inspections de routine », a déclaré Csaba Daroczi, directeur-adjoint des services vétérinaires et d’hygiène de Timisoara. « Chaque fois qu’ils ont essayé, ils ont été repoussés par les gardiens. Smithfield propose que nous signions un accord qui nous obligerait à les prévenir trois jours à l’avance avant toute inspection.”[13] L’information a fini par émerger que Smithfield avait étouffé l’information sur un épisode majeur de grippe porcine classique ayant sévi dans ses fermes en Roumanie.[14]

4 En Indonésie, où les gens meurent encore de la grippe aviaire et d’où de nombreux experts pensent que viendra le prochain virus pandémique, les autorités ne peuvent toujours pas entrer sans permission dans les grands élevages industriels.[15] Au Mexique, les autorités ont repoussé les demandes d’enquête sur La Granja Carroll et accusé les résidents de La Gloria de propager l’infection parce qu’ils « utilisent des remèdes de grand-mère, plutôt que d’aller dans les centres de soins pour soigner leur grippe.”[16]

Les élevages industriels sont de véritables bombes à retardement pour les épidémies mondiales. Et pourtant, il n’existe toujours pas de programmes qui permettent d’y faire face, ni même de programmes indépendants de surveillance des maladies. Personne parmi les gens haut placés ne semble s’en soucier et ce n’est sans doute pas un hasard que ces fermes soient souvent situées parmi les communautés les plus pauvres, qui paient très cher pour faire entendre la vérité. Pis encore, nous dépendons tellement de ce système aux limites de l’explosion pour une bonne part de notre alimentation que la tâche principale des agences gouvernementales de sécurité alimentaire semble être désormais de calmer les peurs et de s’assurer que les gens continuent à manger. Smithfield est déjà au bord de la faillite et était la semaine dernière en train de négocier sa reprise avec la plus grosse entreprise d’agroalimentaire de Chine, COFCO.[17]

Entre temps, l’industrie pharmaceutique fait fortune avec la crise. Le gouvernement des Etats-Unis a déjà fait une exception d’urgence dans son système d’autorisation pour permettre de traiter les malades de la grippe avec des antiviraux comme Tamiflu et Relaxin plus largement que cela n’était prévu. Excellente nouvelle pour Roche, Gilead et Glaxo Smithkline qui détiennent le monopole sur ces médicaments. Mais chose encore plus importante, une nuée de petits producteurs de vaccins comme Biocryst et Novavax voient la valeur de leurs actions crever le plafond.[18] Novavax essaie de convaincre à la fois le CDC et le gouvernement mexicain qu’il est capable de fournir un vaccin contre la grippe porcine dans un délai de 12 semaines, si les règlements encadrant les tests restent souples.

C’est un changement profond qu’il nous faut

Il est évident que le système mondial de résolution des problèmes de santé provoqués par l’industrie alimentaire transnationale marche sur la tête : Le système de surveillance est fichu, les services vétérinaires et ceux de santé publique qui sont en première ligne cafouillent et l’autorité est passée au secteur privé qui a tout intérêt à maintenir le statu quo. En attendant, on recommande aux gens de rester chez eux et de croiser les doigts en attendant le Tamiflu ou un nouveau vaccin éventuel auquel ils n’auront peut-être même pas accès. La situation n’est pas tolérable. Il faut bouleverser les choses. Et agir dès aujourd’hui.

Pour ce qui est de l’épidémie de grippe porcine au Mexique, le changement peut être immédiat : il pourrait consister en une enquête transparente, exhaustive et indépendante sur les élevages de volailles dans l’état de Veracruz, dans le pays tout entier et dans toute l’Amérique du Nord. Le peuple mexicain doit connaître la source du problème afin de pouvoir prendre les mesures adéquates pour couper l’épidémie à la racine et s’assurer que le problème ne se reproduise plus.

Les photos viennent de cette site de web: http://enlace.vazquezchagoya.com/?p=812

Au niveau international, l’expansion des élevages industriels doit cesser et faire machine arrière. Ces fermes sont des foyers de pandémies et continueront à l’être tant qu’elles existeront. Il ne sert probablement à rien de réclamer un changement complet de la stratégie mondiale menée par l’OMC. En effet, l’expérience de la grippe aviaire montre que ni l’OMC ni l’OIE, ni la plupart des gouvernements ne sont disposés à être fermes avec l’agriculture industrielle. Une fois de plus, ce sont les citoyens qui vont devoir réagir et se protéger eux-mêmes. Partout dans le monde, des milliers de communautés luttent contre les élevages industriels. Ce sont ces communautés qui sont en première ligne de la prévention contre la pandémie. Ce dont nous avons besoin à présent, c’est de transformer ces luttes locales contre les élevages industriels en un vaste mouvement mondial pour abolir ce système d’élevage.

Mais le désastre de la grippe porcine au Mexique révèle également un problème de santé publique plus vaste : Les menaces pour la sécurité des consommateurs qui font partie intégrante de notre système alimentaire industriel sont exacerbées par une tendance générale à privatiser complètement les soins de santé, ce qui a réduit à néant la capacité des systèmes publics à apporter des réponses adéquates en cas de crise, et par des politiques encourageant les migrations vers des mégalopoles où les politiques de santé publique et d’assainissement sont déplorables. (L’épidémie de grippe porcine a frappé Mexico, une métropole de plus de 20 millions d’habitants, précisément au moment où le gouvernement a coupé l’approvisionnement en eau d’une bonne partie de la population, en particulier les quartiers les plus pauvres.) Le fait que la surveillance des épidémies soit confiée à des cabinets-conseils privés, que les gouvernements et les agences des Nations Unies puissent garder le silence et ne pas divulguer l’information, que nous soyons obligés de dépendre d’une poignées d’entreprises pharmaceutiques pour soulager nos souffrances, avec des produits certes brevetés mais seulement à moitié testés, devraient nous indiquer que rien ne va plus. Ce n’est pas seulement de nourriture que nous avons besoin, mais de systèmes de santé publique qui aient un véritable agenda public et soient responsables devant le public.


Lectures complémentaires :

Debora MacKenzie, Pork industry is blurring the science of swine flu, 30 April 2009, http://www.newscientist.com/blogs/shortsharpscience/2009/04/why-the-pork-industry-hates-th.html

Laura Carlsen, Mexico’s Swine Flu and the Globalization of Disease, Americas MexicoBlog, 29 April 2009, http://americasmexico.blogspot.com/2009/04/mexicos-swine-flu-and-globalization-of.html

Iván Restrepo, Granjas Carroll, protegida de las autoridades, La Jornada, 13 de Abril de 2009 http://www.jornada.unam.mx/2009/04/13/?section=politica&article=020a2pol

Silvia Ribeiro, "Epidemia de lucro," La Jornada, 28 April 2009: http://www.jornada.unam.mx/2009/04/28/?section=opinion&article=020a1pol

Tom Philpott, Symptom: swine flu. Diagnosis: industrial agriculture? GRIST, 28 April 2009, http://www.grist.org/article/2009-04-28-more-smithfield-swine/

Mike Davis, The swine flu crisis lays bare the meat industry's monstrous power, The Guardian, 27 April 2009: http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2009/apr/27/swine-flu-mexico-health

R G Wallace, "The Agro-Industrial Roots of Swine Flu H1N1," 26 April 2009
http://farmingpathogens.wordpress.com/2009/04/26/the-agro-industrial-roots-of-swine-flu-h1n1/

Edward Hammond, Indonesia fights to change WHO rules on flu vaccines, Seedling, April 2009: http://www.grain.org/seedling/?id=593

Iván Restrepo, Granjas Carroll, sin control ambiental, La Jornada, 24 de Abril de 2006 http://www.jornada.unam.mx/2006/04/24/?section=opinion&article=026a2pol

GRAIN, "Bird flu in eastern India: another senseless slaughter", Against the grain, February 2008, http://www.grain.org/articles/?id=35 (Disponible bientôt en français)

GRAIN, "Germ warfare - Livestock disease, public health and the military–industrial complex", Seedling, January 2008, http://www.grain.org/seedling/?id=533 (Disponible bientôt en français)

GRAIN, "Viral times - The politics of emerging global animal diseases", Seedling, January 2008, http://www.grain.org/seedling/?id=532 (Disponible bientôt en français)

GRAIN, "La grippe aviaire: une aubaine pour 'Big Chicken'", A contre-courant, mars 2007, http://www.grain.org/articles/?id=24 (aussi disponible en Bahasa Indonesia)

GRAIN, "Grippe aviaire: une réponse mondiale imposée d'en haut", A contre-courant, avril 2006, http://www.grain.org/articles/?id=15

GRAIN, "Qui est le dindon de la farce ?", Les rapports de GRAIN, février 2006, http://www.grain.org/briefings/?id=195


Références

1. L’industrie du porc mexicaine, comme son équivalent américain, ne veut pas qu’on appelle la maladie “grippe porcine”, sous prétexte que celle-ci n’est pas transmise par les porcs, mais directement de personne à personne. (Leur préoccupation majeure est bien sûr le marché du porc qui est en train de s’écrouler à cause de l'image négative qui lui est associée) Certains responsables mexicains, comme le Gouverneur de Veracruz, disent aux gens que le virus est venu de Chine, quoiqu’il n’y ait aucune évidence qui soutienne cette thèse.

2. Mary J. Gilchrist, Christina Greko, David B. Wallinga, George W. Beran, David G. Riley and Peter S. Thorne, "The Potential Role of CAFOs in Infectious Disease Epidemics and Antibiotic Resistance," Journal of Environmental Health Perspectives, 14 November 2006.

3. Bernice Wuethrich, "Chasing the Fickle Swine Flu", Science, Vol. 299, 2003

4. Pro-poor Livestock Policy Initiative, "Industrial Livestock Production and Global Health Risks," FAO, 2007: http://www.fao.org/ag/againfo/ programmes/en/pplpi/docarc/pb_hpaiindustrialrisks.html

5. CDC, April 21, 2009 / 58 (Dispatch);1-3: http://www.cdc.gov/mmwr/preview/mmwrhtml/mm58d0421a1.htm

6. Andrés T. Morales, "Cerco sanitario en Perote, tras muerte en marzo de bebé por gripe porcina," La Jornada, 28 April 2009: http://www.jornada.unam.mx/2009/04/28/?section=politica&article=012n2pol; Tracy Wilkinson and Cecilia Sánchez, "Mexico tries to focus on source of infection," Los Angeles Times, April 28, 2009.

7. Dudley Althaus, "World’s queries have no answers," Houston Chronicle, 27 April 2009.

8. Andrés Timoteo, “Alerta epidemiológica en Perote por brote de males respiratorios,” La Jornada, 4 April 2009.

9. David Cyranoski, "Bird flu spreads among Java's pigs," Nature 435, 26 May 2005.

10. Mary J. Gilchrist, Christina Greko, David B. Wallinga, George W. Beran, David G. Riley and Peter S. Thorne, "The Potential Role of CAFOs in Infectious Disease Epidemics and Antibiotic Resistance," Journal of Environmental Health Perspectives, 14 November 2006.

11. Piden cerco sanitario ante epidemia, SPI/ElGolfo.Info, 24 April 2009: http://www.elgolfo.info/web/lo-mas-nuevo/37017-piden-cerco-sanitario-ante-epidemia-.html

12. Tom Philpott first broadcast the possible connection between the swine flu outbreak and the Smithfield operation in Veracruz from his US-based blog on 25 April 2009: http://www.grist.org/article/2009-04-25-swine-flu-smithfield/

13. Mirel Bran: “Swine Plague: Romania Criticizes American Group’s Attitude”, Le Monde, 15 August
2007, translated by Leslie Thatcher (Truthout).

14. GRAIN, "Viral times - The politics of emerging global animal diseases", Seedling, January 2008

15. See “Box 2. Bird flu in Indonesia and Vietnam” (by GRAIN) in Edward Hammond, “Indonesia fights to change WHO rules on flu vaccines,” Seedling, April 2009: http://www.grain.org/seedling/?id=593

16. "Afectados por extraña enfermedad, 60% de pobladores de La Gloria," La Jornada 27 April 2009: http://www.lajornadasanluis.com.mx/2009/04/27/pol15.php

17. “Is Smithfield on the market?”, Farming UK, 26 April 2009.

18. "Smaller drug firms gaining from swine flu," Reuters, 27 April 2009: http://www.reuters.com/article/pressReleasesMolt/idUSTRE53Q5P620090427

Série : Le 1er mai...et après !

Derrière la façade du 1er Mai unitaire, radicaux et réalistes s’opposent

Les syndicats hésitent sur les suites du mouvement, alors que FO appelle à la grève générale.

Et après ? Pour la troisième fois en quatre mois, les syndicats mettront vendredi dans la rue un nombre impressionnant de salariés. Avec 283 cortèges dans toute la France et une manifestation parisienne qui devrait battre des records, le succès de cette troisième journée d’action ne fait guère de doute. Pourtant, cette mobilisation croissante complique un peu plus la stratégie des organisations syndicales, qui jouent l’union sacrée face à la crise économique, mais sont de plus en plus tiraillées entre réalistes et radicaux.

Trotskistes. Lundi, les huit de l’intersyndicale (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, Unsa, Solidaires, FSU) se sont retrouvés au siège de Force ouvrière pour définir les revendications communes. Sur ce chapitre, pas de surprise : ce sont l’emploi, le pouvoir d’achat et la relance économique. Mais pour la suite des événements, le scénario est plus complexe. Aussi les huit organisations syndicales ont-elles décidé… de se revoir le 4 mai «pour débattre des objectifs, des modalités et du calendrier des prochaines initiatives».

Dans le camp des radicaux, on trouve Solidaires, la FSU et Force ouvrière, qui verraient bien un appel à la grève générale avant l’été. Une stratégie inspirée par les militants trotskistes du Nouveau Parti anticapitaliste d’Olivier Besancenot (nombreux à Solidaires, dans les syndicats SUD), de Lutte ouvrière et du Parti ouvrier indépendant, l’ancien Parti des travailleurs (à FO et parfois à la CGT), mais aussi du PCF et du Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon, influents à la FSU.

Cette résurgence du vieux mythe de la grève générale a le don d’exaspérer les leaders du bloc «réaliste» au sein de l’intersyndicale, rassemblé derrière un front CGT-CFDT plus uni que jamais. Le fait que Force ouvrière s’accroche au mot d’ordre de grève générale les irrite particulièrement. «Même en mai 1968, rappelle un responsable CGT, on n’a pas appelé à la grève générale. Et sur le terrain, dans les boîtes, on aimerait bien les voir un peu plus les gars de FO. Là où ils sont encore présents, c’est pas des foudres de guerre.» Confidences «off», bien entendu. L’heure est à l’unité syndicale.

Maladresse calculée. De leur côté, les militants «radicaux» critiquent de plus en plus ouvertement la CGT et la CFDT, dont le gouvernement souligne avec une maladresse calculée «le sens des responsabilités», en l’opposant aux débordements réels ou supposés observés dans les conflits locaux, qu’il s’agisse des séquestrations de dirigeants ou des dégradations de la sous-préfecture de Compiègne.

«Chacun en réalité sait très bien que le premier qui quitte l’intersyndicale apparaîtra comme un briseur de l’unité d’action», observe un responsable de l’Unsa : «On est donc condamnés à s’entendre.» La seule fenêtre de lancement pour une prochaine action commune est la deuxième quinzaine de juin. A la mi-mai, en effet, ont lieu les quatre grandes manifestations européennes auxquelles les quatre syndicats membres de la Confédération européenne des syndicats (CGT, CFDT, FO et Unsa) se doivent de participer activement. Le 7 juin ont lieu les élections européennes. Reste trois semaines avant les vacances d’été.

Quant à la nature de la mobilisation, elle pose aussi problème. Le record que ce 1er Mai devrait constituer sera difficile à battre. «Il nous faut trouver une forme d’action qui ne permette pas la comparaison», confiait un dirigeant de la CFDT. Une équation difficile à résoudre alors que le bloc des «radicaux» pourra continuer à réclamer un appel à grève générale.


En Espagne on s'en prend aux banques, on construit aussi des alternatives et comme en France, on soutient les résistant-e-s réprimés...

A Madrid et à Barcelone, des actions en direction des banques ont été menées.

- A Madrid, des activistes du collectif “Droit à la résistance” ont sellé une dizaine d’entités bancaires et saboté leur distributeur automatique pour exiger la remise en liberté de Enric Duran et dénoncer la justice, qui condamne la solidarité et la rébellion et protège la corruption et le vol. Loin d’être aveugle, la justice protège le riche et le puissant et punit tous ceux qui dénoncent les injustices.

Reprenant les motifs de l’action menée par Enric Duran, le collectif appelle la population à se mobiliser contre la crise provoqué par le système financier et pour un changement de société, avec une “véritable démocratie politique et économique”, et au boycott des entreprises financières La Caixa, ING Direct, Banco Cetelem y Eurocrédito (Cetelem) qui sont les plus en pointe dans l’accusation contre Enric.

- A Barcelone, une vingtaine de membres du collectif Crisi ont occuipé trois agences bancaires, Caixa, Banesto et Bancaja. L’occupation de ses locaux s’est faite avec une sorte de mini-pièce de théâtre où une famille, victime d’une expulsion de son logement à cause de la banque, décide d’aller vivre dans ses bureaux. Pendant ce temps, des militants à l’extérieur distribuaient des tracs pour expliquer cette action et la campagne de boycott de banques en commençant par les entités qui ont porté plainte contre Enric Duran. .

Mardi 28 avril

Dans le cadre de leur mouvement contre le « processus de Bologne » les étudiants ont également occupé une banque et les sièges de 2 partis politiques au pouvoir

Plusieurs dizaines d'étudiants ont fait irruption dans les locaux de la banque Santander du Paseo de Gracia à Barcelone où ils se sont assis en cercle à l'intérieur.

Les manifestants ont accroché une pancarte disant "Vous colonisez la connaissance, nous occupons vos sièges". Il s'agissait de dénoncer "la complicité entre les banques et les universités dans le processus de privatisation de ces dernières".

A l'extérieur où se sont regroupé une petite centaine de manifestants, les antiBologne ont accroché deux pancartes sur lesquelles on pouvait lire "Nous ne voulons pas d'entreprises à l'université" et "Coupable de privatiser l'université".

Pendant ce temps, un autre groupe de manifestants s'est retrouvé devant le siège du parti de gauche ERC, car disent-ils la banque Santander "est l'un des responsables de la privatisation de l'université qui agit avec la complicité de nos gouvernants".

A l'extérieur des bâtiments, des tags ont été écris : "Huguet démission"(*), "ERC coupables", "Bologne s'applique à coup de matraques" pendant qu'une partie des étudiants présents sont entré dans le bâtiment et l'on occupé plusieurs heures, jusqu’à l’intervention de la police, vers 18h qui a dû briser les chaînes de 6 étudiants qui s’étaient enchaînés.

Action “étudiants-travailleurs” contre le siège du PS

Pendant ce temps, un troisième groupe s'est invité au siège du PSC (parti socialiste catalan), lui aussi au pouvoir en Catalogne (et à Madrid avec le PSOE). Mais, là, c'était une action conjointe d'étudiants et de travailleurs de TMB (Transports Metropolitans de Barcelona - Bus et métro). Les travailleurs se battent depuis des mois pour un nouvel accord d'entreprise visant à la création de 500 nouveaux postes de travail, la direction de l'entreprise, c'est-à-dire la gauche catalane au pouvoir à Barcelone, refusant de négocier quoi que ce soit sur cette question.

Les manifestants sont restés devant le siège jusqu'à 13 heures. Par cette action communes, les manifestants ont voulu montrer qu'ils s'opposaient ensemble par des liens de solidarité à une même politique de privatisation des services publics, que ce soit l'enseignement ou les transports urbains.

Une porte-parole de la Coordination des Assemblées étudiantes (CAE), Julia Vicente, a déclaré à la presse que ces actions coordonnées avaient pour but de dénoncer les coupable de la mise en place du Plan de Bologne dans les universités, notamment en participant aux conseils sociaux de l'Université de Barcelone (UB), de l'Université Autonome de Barcelone (UAB) et de Madrid (UAM), entre autres.

Ces actions s'inscrivent dans le cadre des mobilisations européennes contre le sommet des ministres de l'éducation prévue à Louvain en Belgique les 28 et 29 avril.

D’autres actions, rassemblements, manifestations se sont déroulées dans le reste de l’Etat espagnol. A Tarragone (Catalogne) une trentaine d’étudiants se sont enfermés dans le patio de l’Université locale. A Barcelone, d’autres locaux universitaires ont été occupés de nuit.

Dans la soirée une manifestation de plus de mille étudiants d’est déroulée jusqu’au commissariat aux universités de la Catalogne dans la rue Laietana, où plusieurs étudiants étaient enchaînés à l’escalier de l’entrée du bâtiment depuis le matin.

(*) Josep Huguet, Ministre-Conseiller de l'Innovation, des Universités et de l'Entreprise du Gouvernement de Catalogne

29 avril Barcelone

Les lycéens occupent le ministère (de Catalogne) de l’éducation. Au terme d’une manifestation de rue, une centaine d’entre eux se sont introduit dans le bâtiment et ont occupé des bureaux situés au cinquième étage. Vers 16 h, le ministère à interdit l’accès des lieux aux journalistes et peu après les policiers sont intervenus pour expulser les étudiants. Des coups de matraques ont volé causant des contusions à plusieurs lycéens.

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Actions directes alternatives

Dans un esprit proche de la démarche du collectif Podemos, d’action directe auto-organisée, ont peut signaler cette initiative d’Alicance (sud de Valencia) qui entre en résonance avec celle d’Athènes du quartier Exarchia.

A Alicante, des habitants transforment eux-mêmes un terrain vague en jardin potager communautaire

Dimanche 26 avril, une trentaine de personnes se sont retrouvées, ont squatté un terrain vague appartenant à la municipalité et ont commencé les travaux, transformant ce terrain vide, laid et mort du quartier Carolinas d’Alicante en un espace de vie pour les habitants du quartier.

Au cours des semaines précédentes, les promoteurs de ce jardin ont nettoyé le lieu, ont renforcé les murs et déplacé de la terre, de l'eau, de la paille et des blocs de béton. Dans le même temps s’est déroulé une campagne de sensibilisation parmi le voisinage, qui a accueilli avec enthousiasme le nouveau projet et a participé à la journée de travail.
Au son de la xaramita (instrument à vent traditionnel de cette région, sorte de hautbois), tout au long de la matinée la surface du sol durcie par le temps a été creusée et ont été plantés des salades, oignons, épinards, betteraves, épinards, aubergines et poivrons. Des massifs de fleurs ont été plantés de géraniums aromatiques et l'aloe vera, un grand nombre d'entre eux ayant été apportées par les voisins.

Des photos de la journée ont été prises ainsi qu’une petite vidéo. Cette action est faite en relation avec l’expérience que mènent des personnes qui ont commencé la même démarche dans un ancien parking à Athènes et qui ont décidé de l’autogérer et de le transformer en jardin.

Avec cette première journée de travail a été inauguré le jardin potager communautaire du quartier de Carolinas, avec des ateliers et des réunions tous les dimanches à 11h00 sur place.

Photos de l’action :

[->http://picasaweb.google.com/alacantencrisi/HortComunitariDeCarolines#]

Vidéo :

[->http://alacantencrisi.blogspot.com/2009/04/okupen-un-solar-i-el-transformen-en.html]

Photos Athênes :

[->http://picasaweb.google.com/alacantencrisi/JardinsPopularsAtenes#]

[->http://grecia-libertaria.blogspot.com/2009/03/parqe-autoorganizado-en-el-centro-de.html]

Vidéo Athênes

[->http://grecia-libertaria.blogspot.com/2009/04/si-no-resistiremos-en-todos-los-barrios.html]

[->http://grecia-libertaria.blogspot.com/2009/03/barrio-de-eksarjia-14-03-09.html]

9 mai 2009

Appel à une manifestation commune pour la libération de Amadeu Casellas (prisonnier anarchiste en grève de la faim) et Enric Duran

Amadeu Casellas est en grève de la faim depuis le 20 avril dernier pour exiger sa libération. Il est en prison depuis 23 ans pour des attaques de banques réalisées dans les années 70 et 80 en appui à des mouvements sociaux et des luttes ouvrières. L’été dernier, il avait déjà mené une grève de la faim de 76 jours qui l’a fortement diminué. Il a été condamné à 30 ans de prison et, malgré les accords obtenus laissant envisager des aménagements de sa peine, rien n’a changé.

Ne voyant rien venir, le plus ancien prisonnier de Catalogne, affilié à la CNT, a décidé de reprendre une nouvelle grève de la faim dans des conditions de santé les plus précaires. Pour sa propre liberté, et contre les peines de prison à vie et à la mort lente des longues peines.

Enric Duran est en prison préventive depuis le 17 mars et depuis son arrestation et la violente répression du mouvement étudiant, la chape de plomb du silence des médias s’est abattue sur son cas.

Pour ces deux prisonniers, et pour tous les autres, nous ne pouvons pas permettre que se poursuivent le harcèlement et la destruction de tous ceux et celles qui luttent contre les injustices dans ou hors de la prison. Pour dénoncer la manière dont est présentée cette prison de Brians II qui ne doit pas être aussi bien et “modèle” que ça puisque 26 prisonniers y sont morts depuis qu’elle existe ( !), pour démonter cette farce, pour faire preuve de solidarité avec eux et au final parce que nous en avons assez, nous appelons la population à participer à la manifestation qui aura lieu le 9 mai à 10 heures dans la Rambla Catalunya de Martorell à Brians.

[->http://www.llibertatamadeu.blogspot.com/]

Sources :

Kaos en la Red, Alasbarricadas, Klinamen, Indymedia Barcelona...

( à suivre ) ...