mercredi 15 février 2012

Fukushima : la catastrophe prend une nouvelle tournure

Le Lot en action le 15 février

La situation à Fukushima Daichi se dégrade d'heure en heure. Et pas un seul mot dans les médias, vous pouvez en faire le tour.

fukushima.jpgLes seules informations que nous avons proviennent des blogs citoyens, créés à la suite de la catastrophe, il y a près d'un an, en réaction à la désinformation de TEPCO, du gouvernement japonnais et des médias. Depuis quelques jours des informations très inquiétantes nous parviennent. Vous trouverez ci-dessous deux messages qui résument la situation, ainsi que des liens pour vous tenir informé. Nous essayeront, dans le jours qui viennent, de maintenir un fil d'infos sur le sujet.


Lire la suite de l'article ici.

Démission d’un quart du jury de l’agrégation externe de mathématiques :

les effets de la masterisation.1


Le système éducatif français est en crise, la situation est grave.

La crise apparaît d'abord dans l'asphyxie des moyens. Les fermetures de classes se

succèdent à un rythme accéléré dans les écoles primaires, les collèges et les lycées.

Les universités n’arrivent pas à accueillir décemment les étudiants ; elles sont

précipitées dans une course effrénée aux financements. Il y a une baisse alarmante

des effectifs dans les études scientifiques ainsi que dans les filières professionnelles.

Les mesures indignes prises récemment à l'encontre des étudiants étrangers

aggravent encore la situation. Élèves, étudiants, parents, chefs d'entreprises,

enseignants, tous perdent peu à peu confiance dans notre système de formation.

Un signe alarmant est la désaffection croissante des étudiants pour le métier de

professeur. Amorcé au début des années 2000, le phénomène a connu en 2011 une

accélération brutale, effet immédiat de l'entrée en vigueur de la réforme de la

formation et du recrutement (connue sous le nom de « masterisation »). Par exemple,

au CAPES externe de mathématiques, où il y avait 846 postes ouverts en 2010 et 950

en 2011, le nombre de candidats présents aux épreuves écrites est passé de 2695 en

2010 à 1285 en 2011 (-53%), le nombre d'admissibles de 1919 à 1047 (-46%), le

nombre d'admis de 846 à 574. Ainsi, l'effondrement du nombre de candidats a été tel

que le jury n'a pu pourvoir en 2011 que 60% des postes offerts. De tels chiffres se

passent de commentaire. Sans être encore aussi catastrophique, la situation de

l'agrégation n'en est pas moins alarmante : le nombre de candidats présents à l'écrit

a régulièrement baissé depuis 2006 (ils étaient 1853 en 2006 et 1124 en 2011), alors

qu'en même temps le nombre de postes augmentait. Les effectifs des préparations au

CAPES ou à l'agrégation restent cette année à un niveau très bas. Pourtant le besoin

en professeurs est énorme. Les rectorats en sont à publier des petites annonces pour

rechercher les professeurs de mathématiques qui leur manquent. On recrute ainsi

dans l'urgence des personnels précaires, non qualifiés et sans formation professionnelle.

Les zones « difficiles » sont les premières touchées, ce qui va à l’encontre de

l'égalité des chances et compromet la vie des générations à venir.

Pour une très grande part, la crise de l’école provient des déséquilibres de la société et

de l’économie, dans le monde comme en France, entraînant une perte de confiance et

des difficultés d’adaptation. Ceci devrait être une raison de plus pour faire de l'école

une priorité, un devoir pour la nation afin de mieux préparer l’avenir.

Pour améliorer l’école il faut reconnaître ses problèmes. Notre système éducatif a

certainement ses faiblesses, qu’il faut corriger. Cependant il a aussi des forces

considérables, qu'il faut absolument préserver. L'une d'elles, reconnue dans le monde

entier, était sa capacité de formation et de recrutement des enseignants, garantissant

de très solides bases scientifiques et humanistes. Or dans sa frénésie de réformes, le

ministère de l’éducation nationale est en train de détruire sciemment cette capacité.

Nous ne pouvons pas rester passifs devant cette entreprise de démolition.

1. Nous rendons public ce texte le 13 février 2012. Les jurys étant constitués pour chaque session, notre

« démission » est en fait un refus de participer au jury pour la session 2012.

La masterisation a été imposée sans aucune concertation, contre l'avis quasi unanime

de la communauté éducative (cf. le récent rapport Jolion2). L'exigence du diplôme de

master pour tous les concours d’enseignants a détourné un grand nombre de

candidats potentiels. Beaucoup des meilleurs étudiants, pour lesquels la deuxième

année de master est une ouverture naturelle vers la recherche, ont déserté les

préparations à l'agrégation. D'un autre côté, des étudiants moins brillants ont reculé

devant la difficulté supplémentaire que représentait le master. Le flux, modeste mais

régulier, et bénéfique, de candidats venus d'autres secteurs d'activité professionnelle

pour une reconversion a été stoppé net.

L'un des aspects les plus graves de la réforme en cours est l'attribution d'un service

d'enseignement à temps plein aux lauréats, juste après le concours. Cette mesure n'a

aucune autre justification que l'exigence d'économies budgétaires. Elle a d'ailleurs été

désapprouvée par le Conseil d'État3. La formation professionnelle est ainsi sacrifiée.

Une réforme aurait dû avant tout motiver les étudiants et les mettre dans les

meilleures conditions de préparation. C'est exactement le contraire qui s'est produit.

La masterisation a déjà changé le visage de l’agrégation, en diminuant fortement le

nombre des candidats. Or ce concours est un des points les plus forts de notre

système. Son intérêt principal est de garantir un recrutement de qualité indiscutable.

Le stage qui suivait l’admission complétait la formation professionnelle. Les conditions

nouvelles d’inscription ont changé la donne, là où il n’y avait aucune nécessité.

Une conséquence de la suppression de l'année de formation professionnelle après le

concours a été l’introduction de l’épreuve « agir en fonctionnaire de l'état et de façonéthique et responsable », censée tester la déontologie et les qualités humaines du

candidat en un quart d’heure lors de l’oral, plutôt qu’au cours d'une année

d'apprentissage sur le terrain. Le jury de l'agrégation de mathématiques,

pratiquement unanime, avait lors de la session 2010 indiqué dans une motion rendue

publique son opposition à l'instauration de cette nouvelle épreuve dans ces conditions.

Plusieurs jurys d'autres disciplines en avaient fait autant. La moitié du jury de

l’agrégation de philosophie avait même démissionné pour protester contre l’absurdité

de l’épreuve « agir ». Le ministère n'a même pas daigné répondre à ces critiques. Au

contraire, il s'est ingénié à dénaturer encore plus le concours en y introduisant des

contraintes nouvelles (certification en informatique et en langues, à un niveau

clairement irréaliste), toujours sans concertation et sans préparation.

À ces contraintes s'est ajoutée une complication supplémentaire : le ministère a

imposé à tous les jurys un calendrier extrêmement serré qui, pour les concours à gros

effectifs comme celui de mathématiques, a transformé la session d'oral 2011 en un

marathon très difficile à gérer. Annoncé comme exceptionnel par le ministère, ce

resserrement du calendrier a été accepté par notre jury, soucieux de préserver

l'agrégation, de permettre aux candidats de faire valoir leur travail de préparation, et

d'assurer aussi bien qu'il le pouvait le recrutement de professeurs pour pourvoir les

288 postes mis au concours en 2011.

Mais les membres du jury ont en même temps voulu renvoyer à leur tutelle un

message d'alerte exprimant leur inquiétude quant à la détérioration du concours et

plus généralement des conditions de formation et de recrutement des professeurs.

Cette démarche n'était pas destinée à être rendue publique, mais un nouveau diktat

ministériel concernant la session 2012 a mis le feu aux poudres : le calendrier, loin de

redevenir normal, allait être encore plus resserré ; le jury disposait de moins de temps

2. http://smf.emath.fr/files/text_like_files/rapportjolion.pdf

3. http://arianeinternet.conseil-etat.fr/arianeinternet/getdoc.asp?id=192811&fonds=DCE&item=2

alors que vingt postes de plus étaient à pourvoir. La seule façon d'organiser le

concours en respectant les délais imposés et sans porter atteinte à l'équité des

épreuves pour tous les candidats serait de diminuer le nombre d'admissibles : prendre

une telle décision pour des raisons purement administratives est pour nous

inacceptable.

Une lettre circonstanciée, signée par une grande majorité des membres du jury 2011,

fut adressée au ministre, détaillant nos inquiétudes sur le fond, et lui demandant

surtout de revoir les dates d’oral (nous suggérions par exemple de moduler celles-ci

suivant les effectifs de chaque concours). Le mécontentement était tel que les

signataires faisaient part de leur intention de ne pas siéger en 2012 s'ils n'obtenaient

pas de réponse. Il y eut certes une réponse, mais indirecte et accablante : adressée au

président du jury, elle le chargeait en quelque sorte de calmer ses troupes, maintenait

les contraintes absurdes du calendrier et ne disait pas un mot des questions de fond.

Aussi, trente d'entre nous, soit plus d'un quart du jury 2011, ont décidé qu'il

n'était plus possible d'assister passivement à la destruction de notre

système de formation et de recrutement. Ils ont pris la grave décision de

démissionner et de rendre publiques les raisons de leur geste.

Le mépris avec lequel la DGRH et le ministère ont traité leur personnel à cette

occasion va bien avec le fond et la forme des réformes récentes. C’est contre tout cela

que les démissionnaires protestent aujourd’hui.

La protestation de membres d'un jury d'agrégation peut apparaître comme dérisoire

au regard de la crise que traverse la société, en particulier du chômage qui frappe

25% des jeunes. À ceux qui voient dans notre démarche une réaction élitiste, émanant

de quelques privilégiés, nous disons que la formation de la jeunesse est la question clé

aujourd’hui, et que nous refusons la destruction en cours des outils de cette formation.

Quelle chance a-t-on d’entrevoir la sortie de la crise si on renonce à donner une

formation de qualité aux futurs citoyens ?

Or les conséquences des réformes actuelles sont déjà visibles : on enverra dans les

classes de jeunes professeurs moins motivés, moins bien formés scientifiquement,

sans ou presque sans formation pédagogique ni professionnelle. Un gâchis patent,

pour ces professeurs autant que pour leurs élèves.

Le système d'éducation français a longtemps été un modèle. Il est urgent qu'il le

redevienne. Nos universités devraient attirer des étudiants du monde entier. C'est

particulièrement vrai en mathématiques, où l'école française est une des meilleures

du monde. Mais ne nous y trompons pas, l'élite ne peut pas reposer sur du vide. Nos

médailles Fields ne sont pas une rente éternelle. La dégradation générale aura

inévitablement des répercussions sur l'ensemble du tissu scientifique, et en particulier

sur notre recherche de pointe.

Il est urgent de redonner au métier d'enseignant l'éclat qu'il a perdu. N'attendons pas

qu'il soit trop tard. En défendant un outil de formation et de recrutement efficace, c'est

à l'avenir de tous les jeunes que nous pensons.


Liste des trente démissionnaires*

Dominique Barbolosi

Professeur, université d'Aix-Marseille

Daniel Bennequin

Professeur, université Paris Diderot

Laurent Bernis

Professeur de classes préparatoires, lycée Kerichen, Brest

Franck Boyer

Professeur, université d'Aix-Marseille

* Olivier Brinon

Maître de conférences, université Paris-Nord

Marie-Line Chabanol

Maître de conférences, université Bordeaux 1

René Cori

Maître de conférences, université Paris Diderot

Hubert Correia

Professeur de classes préparatoires, lycée Michel Montaigne, Bordeaux

* Clément De Seguins Pazzis

Professeur de classes préparatoires, lycée Sainte-Geneviève, Versailles

Sandrine Dozias

Professeur de classes préparatoires, lycée Descartes, Tours

* Denis Favennec

Professeur de classes préparatoires, lycée Michel Montaigne, Bordeaux

Jean-Christophe Feauveau

Professeur de classes préparatoires, lycée de Bellevue, Toulouse

Françoise Fontanez

Professeur de classes préparatoires, lycée Marcelin Berthelot, Saint-Maur

Jean-Claude Fort

Professeur, université Paris Descartes

Serge Francinou

Professeur de classes préparatoires, lycée Charlemagne, Paris

Isabelle Gaudron

Maître de conférences, université Paris-Nord

Hervé Gaussier

Professeur, université Joseph Fourier, Grenoble

Stéphane Gonnord

Professeur de classes préparatoires, lycée du Parc, Lyon

Thierry Klein

Professeur, université Joseph Fourier, Grenoble

Bernard Loiseau

Professeur de classes préparatoires, lycée Marcelin Berthelot, Saint-Maur

Edith Méthou

Professeur de classes préparatoires, lycée Victor Hugo, Besançon

Nicolas Meunier

Maître de conférences, université Paris Descartes

Rached Mneimné

Maître de conférences, université Paris Diderot

Sylvie Monniaux

Maître de conférences, université d'Aix-Marseille

Bertrand Philibert

Professeur de classes préparatoires, lycée Marcelin Berthelot, Saint-Maur

Simon Riche

Chargé de recherche, CNRS, Clermont-Ferrand

Antoine Rousseau

Chargé de recherche, INRIA, Montpellier

Monique Teillaud

Directrice de recherche, INRIA, Sophia Antipolis

Emmanuel Thomé

Chargé de recherche, INRIA, Lorraine

Jacques-Arthur Weil

Maître de conférences, université de Limoges

* Les 3 collègues signalés par un astérisque ont cependant accepté de corriger l'écrit

Hausse de 34% de la rémunération moyenne des dirigeants du CAC 40 en 2010

La rémunération moyenne des dirigeants des entreprises du CAC 40 a fait un bond de 34% en 2010 et s'est établie à 4,11 millions d'euros après trois années consécutives de baisse, a indiqué mardi le cabinet Proxinvest.

Cette rémunération --actions et obligations comprises-- ne revient néanmoins pas à son niveau d'avant la crise: la moyenne observée était de 5,7 millions en 2006, précise l'agence d'analyse de gouvernance.

Onze dirigeants français dépassent en 2010 le plafond de Proxinvest de 240 Smic annuels, soit actuellement 4,6 millions d'euros, avec en tête Jean-Paul Agon de L'Oréal (10,7 millions d'euros), le patron de LVMH Bernard Arnault (9,7 millions d'euros) et Carlos Ghosn (Renault: 9,7 millions d'euros).

http://lci.tf1.fr/filnews/economie/hausse-de-34-de-la-remuneration-moyenne-des-dirigeants-du-cac-6991428.html

À propos des initiatives actuelles contre la psychanalyse

Après avoir lancé sa proposition de loi « visant à interdire la psychanalyse pour l’accompagnement des personnes autistes », le député U.M.P. Daniel Fasquelle continue sa croisade.

Il vient de déclarer à l’AFP qu’il « va saisir le Conseil national des universités afin que l'enseignement et la recherche sur les causes et les prises en charge de l'autisme ne fassent pas référence à la psychanalyse ».

Ce député se fait donc le relai du puissant lobby de quelques associations pour interdire la psychanalyse et également la Psychothérapie Institutionnelle. Certaines de ces associations, se sont illustrées par la violence et la virulence de leurs attaques personnelles contre des praticiens pourtant reconnus.

Si des parents d’enfants autistes ont pu être malmenés, mal accueillis, maltraités par certains psychanalystes, il est tout à fait justifié qu’ils puissent faire entendre leur voix. De la même façon, les dérives sécuritaires comme les mises en chambre d’isolement abusives, les contentions punitives, et les « traitements de chocs »ne sont pas tolérables.

Mais ce n’est pas une loi qui règlera les dérives des pratiques ou qui devrait décider des traitements à la place des praticiens.

Les familles et tous les citoyens doivent pouvoir garder le droit inaliénable d’une liberté de choix de leur praticien et de la façon dont ils souhaitent se soigner,

en respectant la nécessaire pluralité des approches.

Au nom de quel pouvoir, de quel supposé savoir un député peut-il refuser aux personnes autistes d’avoir un inconscient comme tout être humain et donc de bénéficier de soins relationnels pluralistes dans leur inspiration?

De telles initiatives ne laissent pas d’interroger sur leurs buts.

En effet depuis quand une loi devrait-elle venir s’immiscer dans le débat scientifique ?

Allons-nous accepter sans réagir des lois interdisant la liberté de pensée et de recherche ?

La psychanalyse est une méthode qui a fait ses preuves depuis plus d’un siècle et qui constitue un aspect crucial de la formation des praticiens. Bien au-delà elle fait aussi partie intégrante de la Culture au même titre que les autres avancées du savoir humain.

Aurons-nous bientôt une loi interdisant le darwinisme et niant l’existence des dinosaures comme certains fondamentalistes chrétiens le prônent aux USA en menaçant les enseignants?

Depuis le nazisme qui avait interdit la psychanalyse comme science juive et pratiqué des autodafés des œuvres de Freud, seules des dictatures comme celle des colonels grecs avaient osé interdire cette part du savoir de l’humanité !

Ou encore le stalinisme qui, à la fin des années 40, avait interdit la psychanalyse en tant que « science bourgeoise ».

Tout récemment, à l’automne 2011,une psychanalyste syrienne, Rafah Nached a été emprisonnée par la dictature syrienne parce qu’elle animait des groupes de parole pour des personnes traumatisées par la répression.

Au-delà de la personne du député Fasquelle qui vient de se discréditer irrémédiablement et dont nous exigeons la démission de la présidence du Groupe d’études sur l’autisme à l’Assemblée Nationale, nous nous inquiétons de cette dérive inquiétante où des propos tenus jusqu’alors uniquement par des sectes telles que l’église de scientologie font retour depuis le sommet de l’Etat.

Cette dérive au même titre que certains discours prônant l’inégalité des cultures est en train d’introduire un discours populiste fort inquiétant pour la démocratie.

Nous appelons donc tous les professionnels du soin psychique, mais aussi tous les citoyens à une vigilance républicaine pour refuser un tel tournant dangereux pour les libertés.

Contact : Marie Cathelineau 06 81 37 95 25

A propos du documentaire "Le Mur"


Lire la proposition de loi du 24 janvier à l'Assemblée Nationale

Le Blog de Daniel Fasquelle

L'ANCRA "s'inquiéte " de la proposition de loi Fasquelle (...)

Communiqué de l'ANCRA

Communiqué de la FFPP (Fédération Française des Psychologues et de Psychologie)

RipOste

«Il n'y a rien de pire que de gâcher une bonne crise»

C'est ce qu'a déclaré le patron d'Airbus, le très cynique Thomas Enders, au Forum économique mondial de Davos.

Source : Actuchomage

Selon les envoyés spéciaux des Echos, malgré l'état actuel du monde, ses 200 millions de chômeurs et ses «troubles sociaux», il y régnait une atmosphère de confiance...

Pour Thomas Enders, président exécutif d'Airbus et membre du groupe Bilderberg, l'Europe ne mène pas assez de réformes, notamment en ce qui concerne le marché du travail. Or c'est le moment ou jamais d'agir : «Il n'y a rien de pire que de gâcher une bonne crise», a-t-il lâché à son auditoire.

Milton Friedman l'aurait approuvé, lui qui avait si bien compris l'utilité des crises pour imposer, de gré ou de force, les potions ultralibérales les plus amères aux populations. «Seule une crise, réelle ou supposée, produit un vrai changement. Lorsqu'elle se produit, les mesures prises dépendent des idées alors en vigueur», disait-il. Et face à cette nouvelle crise dont l'ultralibéralisme est l'unique responsable, la doxa en vigueur consiste à réduire sans relâche le coût du travail (en Grèce, il a déjà baissé en moyenne de 14% depuis deux ans) afin de laminer la protection sociale (chômage, retraite…), flexibiliser l'emploi au maximum (la Cour européenne de justice vient d'autoriser le renouvellement illimité du CDD) et détruire au maximum les garanties offertes par le Code du travail (comme nos "accords-compétitivité-emploi" en préparation). Quitte à nous conduire droit dans le mur.

Thomas Enders, patron licencieur et boursicoteur

Rappelons que ce capitaine d'industrie était fortement impliqué dans l'affaire EADS — où 10.000 emplois ont été sacrifiés grâce à l'incompétence de leurs dirigeants — et le scandaleux délit d'initié qui en a jailli (Noël Forgeard, ancien co-président d'EADS, Thomas Enders, ex-coprésident exécutif d'EADS, Gustav Humbert, ex-président d'Airbus, Jean-Paul Gut, ex-directeur commercial d'EADS, Hans-Peter Ring, directeur financier d'EADS, François Auque, PDG d'EADS Space… ont notamment été soupçonnés d'avoir vendu massivement, de fin 2005 à début 2006, des actions du groupe avant que leur cours ne s'écroule en juin 2006). Il s'était alors plaint d'avoir été «traité comme un criminel» et «stigmatisé»… le pauvre !

Mine de rien, selon le rapport de l'Autorité des marchés financiers, Thomas Enders avait bel et bien vendu 50.000 actions en novembre 2005 qui lui ont rapporté environ 711.000 euros. Pourtant, il n'avait pas de problème de salaire : en 2006, sa rémunération brute totale dépassait 1,7 million d'euros. Alors que Noël Forgeard ou le directeur commercial d'Airbus, l'Américain John Leahy, ont été mis en examen, notre «Major Tom», ancien officier parachutiste, s'en est bien tiré, l'AMF l'ayant simplement placé sous statut de témoin assisté.

L'affaire oubliée, on voit que l'homme a repris du poil de la bête. Cet «Allemand à la poigne de fer» va succéder à Louis Gallois au poste de président exécutif du groupe tandis qu'un certain Jean-Claude Trichet, 68 ans et toujours pas à la retraite, fait son entrée au conseil d'EADS en tant qu'administrateur de la maison mère d'Airbus : un job lucratif et pas trop fatiguant. La nomination de l'ex gouverneur de la BCE, paléo-libéral obsédé par l'inflation, est un «élément-clé de la relation franco-allemande», nous dit-on. Entre «maîtres du monde» et champions du cynisme, on se comprend.

SH

La grogne sociale gagne le sud de l'Europe durement frappé par la crise :

Source : Boursorama

Manifestations en Grèce et au Portugal contre l'austérité, appel syndical à la mobilisation générale en Espagne contre un projet de réforme du marché du travail: la grogne sociale s'étend dans les pays du sud de l'Europe les plus frappés par la crise.

D'après la CGTP, la principale centrale syndicale portugaise qui a appelé à cette journée de mobilisation nationale, quelque 300.000 personnes ont défilé à Lisbonne. Ce chiffre n'étant pas confirmé par la police qui a pour habitude de ne pas communiquer d'estimations.

En Grèce, plus de 7.000 personnes ont manifesté dans les rues à Athènes et Salonique (nord) contre les mesures de rigueur.

A Lisbonne, les manifestants, qui sont arrivés de l'ensemble du pays à bord de cars affrétés pour l'occasion, ont convergé vers la place du Commerce, dans le centre historique.

"Non à l'exploitation, non aux inégalités, non à l'appauvrissement" ou encore "une autre politique est possible et nécessaire", pouvait-on lire sur les banderoles déployées par des manifestants qui scandaient: "la lutte continue!".

Le plan d'assistance financière accordé au Portugal est "un programme d'agression des travailleurs et de l'intérêt national", a déclaré Armenio Carlos, secrétaire général de la CGTP, précisant que la lutte allait se poursuivre.

De nouvelles manifestations sont d'ores et déjà prévues le 29 février.

Cette journée d'action intervient à quelques jours de la troisième mission trimestrielle de la Troïka (UE, BCE et FMI), représentant les créanciers du Portugal, chargée d'évaluer l'exécution du plan d'aide financière accordé en mai dernier au Portugal, d'un montant de 78 milliards d'euros.

En échange de cette aide, le Portugal s'est engagé à mettre en oeuvre un programme de rigueur prévoyant diverses hausses d'impôts, une baisse des prestations sociales ou encore une révision du code du travail introduisant un assouplissement des horaires et la suppression de jours de congés.

En Espagne, où le gouvernement a également adopté une réforme du travail pour flexibiliser le marché de l'emploi, les deux principaux syndicats, UGT et CCOO, ont appelé à la mobilisation générale et à manifester dans tout le pays le 19 février.

Les syndicats critiquent cette réforme qui démantèle, selon eux, les droits sociaux, détruisant "des emplois" et attaquent "les bases fondamentales du modèle de bien-être social".

Les manifestations doivent se poursuivre dimanche à Athènes, où les contestataires de tous bords sont appelés à affluer devant le parlement avant le vote nocturne du nouveau plan de rigueur exigé par les bailleurs de fonds de la Grèce pour débloquer un nouveau prêt de 130 milliards d'euros visant à sauver le pays de la faillite.

Ce programme d'austérité, dont le contenu exact n'est pas encore connu, devrait notamment inclure une réduction de 22% du salaire minimum dans le cadre d'une déréglementation générale du marché du travail, la suppression dans l'année de 15.000 emplois publics et des coupes sur certaines pensions de retraite.

Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a accentué la pression sur la Grèce, l'appelant à "mettre en oeuvre ses réformes" et à "économiser", dans un entretien au journal dominical Welt am Sonntag diffusé samedi.

Le comportement des dirigeants européens face à la crise en Europe a encore une fois essuyé des critiques.

"La crise grecque est précisément le résultat du manque d'initiative européen, du manque de solidarité", a affirmé l'ancien chef du gouvernement italien, Massimo D'Alema, déplorant "l'absence de vision" de l'Union européenne.

En visite officielle en Finlande, le président portugais Anibal Cavaco Silva a appelé l'Union européenne à se "débarrasser du mot +crise+" pour se concentrer sur d'autres objectifs importants pour l'Europe.

Concert à Clermont (09)

Quilapayún - ¡El pueblo unido jamás será vencido!

Appel citoyen au rassemblement en soutien au peuple Grec : Levez-vous !

Cercledes volontaires.fr

Grèce et FrancePeuples de Paris, de France, et du monde francophone,

Nous vous appelons à rejoindre le rassemblement citoyen en soutien au peuple grec, qui aura lieu à proximité de l’ambassade de Grèce à Paris à 18h30 ou dans d’autres lieux du pouvoir.

La Grèce, berceau de la démocratie, se bat courageusement contre la dictature de la finance. Et nous aussi, comme les Grecs, nous voulons une démocratie réelle et refusons de sacrifier le peuple sur l’autel de l’argent.

Parce que nous avons trop subit l’Histoire, écrite par les vainqueurs, nous avons décidé de prendre notre destin en main et de reprendre la place que nous méritons.

Nous espérons un dénouement pacifique des événements, ainsi qu’une réforme des institutions politiques (Union Européenne ; FMI ) et financières impliquées dans la mise en péril de l’intérêt général au nom de l’intérêt particulier.

Nous avons depuis trop longtemps oublié que la démocratie exigeait la participation de tous et que dès que les citoyens la confient à des représentants, elle est menacée par des parasites et des prédateurs. C’est pourquoi nous appelons les peuples à prendre conscience du déni de démocratie imposé par les institutions européennes et financières, et attendons des Nations qu’elles reprennent leurs destins politiques en main. Nous invitons chaque pays à retrouver sa souveraineté populaire et à réécrire sa constitution avec le peuple et pour le peuple, afin d’en finir avec cette usurpation de la liberté au nom de vils intérêts.

RévolutionParce que ce qui nous unit est plus que ce qui nous divise, passons outre la guerre des chapelles imposées par les carcans politiques et idéologiques, et réunissons-nous dans cette lutte pour l’amour de la justice et de l’Humanité, pour une Démocratie Réelle.

Faites entendre votre voix et relayez cet appel. N’hésitez pas à le modifier pour ajouter votre opinion.

Allons enfants de la Patrie, le jour de gloire est arrivé” ! Rejoignez-nous !

Un(e) Citoyenn(e)

APPEL A SOUTIEN DU PEUPLE G REC - RASSEMBLEMENTS SAMEDI

A MARSEILLE : Rassemblement samedi 18 février à 14h sur le quai de la Fraternité (métro Vieux-Port côté mer) - Marche vers le Consulat Grec rue Grignan - Préfecture place F. Baret

(.../...)


Nous sommes tous des Grecs

Quand un peuple est attaqué ce sont tous les peuples qui sont attaqués.

Le 10 février, le gouvernement non élu de la Grèce a adopté un nouveau plan d'austérité monstrueux et destructif, qui a été approuvé par le parlement grec (199 députés contre 101) le 12 février.

Avec ce nouveau plan d’austérité, le salaire minimum est diminué de 22% et gelé pour trois ans, les conventions collectives sont tout simplement supprimées, il y aura 15 000 licenciements dans la fonction publique et 150 000 postes seront détruits par non renouvellement...

Le peuple grec est en train de se soulever courageusement contre cette politique de terreur sociale. Dans le silence assourdissant des médias, les manifestations se multiplient ainsi que les grèves générales malgré la violente répression.

Les Grecs ont besoin de la solidarité internationale et y font appel (http://realdemocracygr.wordpress.com/2012/02/10/so-its-final-now/).
Répondons à cet appel. Nous sommes tous des Grecs !

Leur mobilisation se heurte au mur d'une dictature européenne et internationale, celle des marchés financiers et de la troika : UE, BCE, FMI, qui ont imposé aux grecs ces plans d'austérité et un gouvernement non élu.

Les gouvernements dans l'UE, en particulier le gouvernement français, sont parties prenantes de cette dictature et appliquent dans les autres pays des politiques qui vont dans le même sens. La Grèce n'est pour eux qu'un laboratoire avant généralisation. La situation va s'aggraver encore avec le projet de nouveau traité européen obligeant à introduire la "règle d'or" dans nos constitutions.
Nous aussi, comme les Grecs, refusons de sacrifier le peuple sur l’autel de l’argent.
Reprenons nos vies en main.
Laissez votre PC, rejoignez la mobilisation !
Manifestation en solidarité avec la mobilisation des Grecs le Samedi 18 février, partout, montrons que les peuples se mobilisent en solidarité.

La justice force les autorités à héberger les sans-abri

Publié le 10/02/2012

Le Conseil d'État a décidé vendredi de la mise en application de la loi Dalo. Une décision "historique".


Une carence caractérisée des autorités dans l'offre d'hébergement d'urgence aux sans-abri est une atteinte grave à une liberté fondamentale, a estimé vendredi la plus haute juridiction administrative française, le Conseil d'État. L'association Droit au logement (Dal), qui avait engagé la procédure, qualifie cette décision d'"historique", car, selon elle, elle permet un recours judiciaire effectif pour faire respecter les droits de tous les sans-abri et contraint les autorités à agir dans presque tous les cas. Cet arrêt est rendu alors qu'une vague de froid sans précédent depuis une vingtaine d'années frappe la France depuis plus d'une semaine, avec déjà au moins douze morts, dont plusieurs sans-abri.

"Il appartient aux autorités de l'État de mettre en oeuvre le droit à l'hébergement d'urgence reconnu par la loi à toute personne sans abri qui se trouve en situation de détresse médicale, psychique et sociale", dit le Conseil d'État. "Une carence caractérisée dans l'accomplissement de cette tâche peut (...) faire apparaître une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale lorsqu'elle entraîne des conséquences graves pour la personne intéressée", ajoute-t-il dans son arrêt.

"Établir une hiérarchie dans les situations d'urgence"

Le Conseil d'État met ainsi en application la loi Dalo (Droit au logement opposable), votée en 2007 à la fin du dernier mandat de Jacques Chirac. Il rejette les argumentations du gouvernement, présentées en défense, selon lesquelles l'administration a le droit d'"établir une hiérarchie dans les situations d'urgence". Le Conseil d'État précise cependant qu'il appartient aux juges d'examiner au cas par cas les démarches des autorités pour voir si elles se sont conformées à la loi. L'affaire concernait un Ivoirien jeté à la rue par l'incendie de son logement à Gentilly (Val-de-Marne) et qui, après deux nuits dans des foyers, s'était vu dans un premier temps refuser un abri. Il a, la veille de l'audience au Conseil d'État, été pris en charge par une équipe mobile et abrité, mais le Conseil d'État statue sur le principe.

Cette décision implique donc qu'un sans-abri peut se plaindre de s'être vu refuser un hébergement et obtenir qu'une injonction soit faite aux autorités de lui trouver un toit. Droit au logement pense que cet arrêt peut tout changer. "Cet arrêt impose à l'État de mettre en oeuvre tous les moyens nécessaires à leur accueil, et par ce fait, au maintien jusqu'à leur relogement", écrit l'association dans un communiqué. Elle demande donc au gouvernement d'ordonner aux préfets de réquisitionner si nécessaire tous les locaux et logements possibles pour l'hébergement des sans-abri. Selon la Fondation Abbé Pierre, 133 000 personnes sont sans abri en France, et 685 116 sont privées de domicile personnel, vivant chez un tiers, en résidence sociale, ou encore dans un hôtel ou dans un habitat de fortune.


Les salariés espagnols sacrifiés à la chaîne

Source : Libération

Reportage La dérégulation brutale du marché du travail décidée par Madrid touchera de plein fouet les employés des PME. Les syndicats tentent de résister.

Par FRANÇOIS MUSSEAU MADRID, de notre correspondant

Manifestation contre le plan de rigueur, vendredi à Bilbao. (Reuters)

Gabriel, la quarantaine, ouvrier travaillant à la chaîne de montage d’un véhicule catégorie poids lourd, annonce d’emblée la couleur face au projet de dérégulation du marché du travail du gouvernement conservateur espagnol : «Ils veulent balayer nos droits, en finir avec tout ce qu’on a obtenu pendant des années de lutte. Mais, vous savez, on va se défendre. On l’a toujours fait, et on est très résistants.» A une vingtaine de kilomètres de Madrid, sur la route de Barcelone, Iveco est un fortin. Sur près de quatre hectares de terrains et de hangars où sont fabriqués des véhicules industriels exportés dans toute l’Europe, se dresse un des symboles historiques de la lutte syndicale. Sous Franco, lorsque le groupe s’appelait Pegaso (et comptait 14 000 salariés), le régime n’osait se frotter à cette entreprise. Un des oncles de Gabriel y travaillait alors : «A l’époque, si la dictature voulait rogner leurs droits, ils faisaient des grèves de trois semaines et n’hésitaient pas à bloquer la route de Barcelone avec des troncs d’arbre.»

En 1991, Fiat Industrial a racheté le groupe, devenu Iveco, qui compte quatre centres dans le pays. Mais on y défend toujours avec autant de force les acquis sociaux. Le groupe possède une des meilleures conventions d’entreprise du pays : normes de sécurité optimales, primes de productivité, conditions de travail enviables, un bus amenant les salariés depuis leur domicile, 36 heures de travail par semaine pour, en moyenne, 1 800 euros par mois - largement supérieur au salaire moyen.

La crise a été, bien sûr, brutale. En novembre 2008, 125 camions sortaient de ces usines géantes chaque mois ; en janvier 2009, le chiffre est tombé à 25. Néanmoins, le salarié d’Iveco est un privilégié : ce premier trimestre 2012, même si l’usine est à l’arrêt une dizaine de jours par mois, un plancher salarial a été fixé à 82%. «Depuis, on s’est battus, on a inventé mille formules de flexibilité interne, mais on a réussi à éviter toute charrette dans nos quatre centres du pays», dit fièrement Juan Luis Lorido, responsable syndical de l’UGT, l’Union générale des travailleurs, centrale majoritaire dans le secteur automobile. En juillet 2009, 348 salariés de l’usine de Catalogne ont été licenciés, mais, grâce à un système de retraites anticipées dans le groupe, ils ont été réincorporés. «L’Espagne est le deuxième producteur automobile en Europe, ajoute Juan Luis Lorido. Mais on n’a aucune marque propre. Pourtant, malgré l’effondrement des ventes de voitures, tous les gros centres de production ont évité le pire.» Ford à Valence, Renault à Valladolid ou encore General Motors à Saragosse…

«Catastrophe». Pourtant, à Iveco-Madrid, les tensions sont palpables. Les 2 605 salariés savent que le gouvernement entend abaisser le coût du licenciement. Les rumeurs vont bon train quant à la baisse des indemnités : au lieu de 45 jours par année travaillée, on passerait à 20 ou 30 jours. Ce qui, disent les syndicats, signifierait une «saignée» dans leurs rangs puisque, dès lors, le coût ne serait plus prohibitif pour la direction. Ce qui les rassure, en revanche, c’est que le gouvernement veut privilégier désormais les conventions d’entreprise. «Vu notre force syndicale, il n’y a pas de quoi s’inquiéter là-dessus, dit Loredo. Mais, pour les PME, c’est une catastrophe.»

En Espagne, 95% des travailleurs sont salariés dans des PME. En majorité, ces dernières sont actuellement régies par des «conventions provinciales ou sectorielles», qui assurent un minimum de garanties. Or, avec la suprématie de la convention d’entreprise, ces garanties sauteraient. Martin Martinez, responsable du secteur de la distribution pour Commissions ouvrières (CCOO), l’autre grand syndicat, s’inquiète : «Concrètement, tous les petits commerces feront ce qu’ils veulent avec leurs employés : journées de travail à la carte, heures sup rétribuées à leur guise… Les salaires, aujourd’hui autour de 1 100 euros, dégringoleraient au minimum légal, c’est-à-dire 640 euros.» Sans compter, peste-t-il, les dizaines de milliers de licenciements que supposerait le décrochage des entreprises se déclarant en difficulté. «Comme si 4,5 millions de chômeurs, ce n’était pas assez !»

Telle est la dichotomie espagnole : un secteur de l’économie, celui des grandes entreprises, plutôt protégé et celui des PME, où les minima sociaux voient leurs jours comptés.

«humilié». Antonio Pacheco, quadragénaire et père de deux enfants, ne masque pas sa frousse. Depuis onze ans, il nettoie des vitres, le plus souvent en hauteur, pour 920 euros, dont 80% partent dans le remboursement de son prêt immobilier. En 2009, sa société, Grupo Norte, a mis à la porte une bonne moitié des 29 salariés. En vertu de la convention «sectorielle» de l’entreprise, il bénéficie d’une prime de risque, d’une prime d’ancienneté, de trente jours de vacances et d’horaires fixes. «Mais je sais bien que tout cela va voler en éclat, déplore-t-il. Mon chef a déjà changé d’attitude. Il nous parle séparément, veut changer mes horaires chaque jour et me propose des travaux le week-end à des tarifs moitié inférieurs. Samedi, pour me dédommager, il m’a offert le petit-déjeuner, je me suis senti humilié ! Avec la réforme du travail, ce sera la porte ouverte à encore plus d’abus.»

Antonio Pachecose crispe : «La convention d’entreprise, pour moi, cela veut dire tout le pouvoir pour mon chef et aucun pour moi. C’est lui qui me tient et, moi, comme j’ai une famille à nourrir, je n’ai qu’à fermer ma gueule !»

NON AU TRAITE DE LISBONNE